[amm] Epilogue.

À ma mort

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Cinq mois ont passés depuis « L’incendie du manoir des Millers », comme il a été titré dans le journal local. Ni corps, ni armes n’ont été retrouvés sur les lieux, Alain a tout nettoyé et je le suspecte même d’avoir déclenché l’incendie pour effacer toutes traces de ce qu’il s’est passé ce soir-là. Je me demande encore comment cette vieille branche a pu accomplir un tel exploit.

Quant à Travis, il va bien après quelques mois de convalescence. Tout ce dont il se rappelle c’est d’avoir pris une mauvaise cuite. C’est donc moi qui ai donné la version « officiel » des événements : une défaillance technique d’un des automates aurait déclenché l’incendie. Travis et moi étant bien trop ivres pour gérer ce dernier, il aurait rapidement atteint le stock de munitions déclenchant une explosion à laquelle nous aurions miraculeusement survécus.

Bien sûr, j’ai tenu à dédommager les Millers, mais ils ont catégoriquement refusé. Depuis, Travis s’est juré de ne plus toucher à des armes à feu à défaut de pouvoir arrêter l’alcool. C’est peut-être le seul point positif de cette affaire.

Me concernant, j’ai décidé d’arrêter mon enquête, le programme « reborn » restera une énigme et c’est peut-être mieux comme ça. Je crois comprendre ce que voulait faire « L’informaticien », il ne se prenait pas pour un justicier, non je crois qu’il était simplement écœuré par la laideur de ce monde. Il est facile de juger ses actes, car de nombreuses personnes ont trouvé la mort par sa faute. Mais il y a une chose qu’on ne peut pas lui retirer, c’est qu’il a donné tout ce qu’il avait, il s’est battu tout en sachant que sa cause était désespérée. Personnellement, je trouve cela noble.

Depuis mon rêve, j’ai décidé de faire la même chose, mais je vais m’y prendre différemment. Ma vie et ma fortune, je les dédierai toutes deux à faire le bien. Qu’importe que ce soit quelques gouttes d’eau dans l’océan.

– Monsieur ! N’oubliez pas votre traitement, me dit Alain en me tendant mon pilulier, me sortant par la même de mes pensées.

Alors que j’avale les comprimés, il m’informe que les enfants de l’orphelinat sont arrivés.

– La vache, déjà ! Il va falloir assurer maintenant, vous ne pensez pas que le costume de clown c’est un peu trop ? Je ne le sens pas, lui dis-je.

– Quand il s’agit de faire le pitre, je n’ai aucun doute sur vos capacités Monsieur. Tenez, n’oubliez pas votre nez rouge.

– Merci bien et pour le chèque de donation, tout est réglé ?

– Oui tout est en ordre, Monsieur, me répond Alain l’air songeur.

– Qu’y a-t-il donc ? Lui dis-je.

– C’est juste que je me demandais… pourquoi avoir appelé votre organisation « Le pélican » ?

– Alain, connaissez vous la légende amérindienne du colibri ?

– Celle avec les animaux et l’incendie de la forêt. L’histoire se termine mal je crois, à la fin le colibri meurt sans parvenir à éteindre l’incendie il me semble.

– C’est exact. J’ai appelé mon organisation caritative « Le pélican », en hommage aux colibris, ces gens qui n’ont rien et donnent leur vie pour le bien commun. Moi j’ai tout et je n’ai jamais rien donné, il est temps que cela change, ne croyez-vous pas ?

Fin.


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