[amm] XIX – L’histoire d’une vie

<Illustration à venir>


À ma mort

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D’une jolie brosse d’ivoire et de crin, je coiffe tes longs cheveux dorés sans que tu ne grimaces. Ma belle, mon trésor, si ton corps était fait de chair, cette matière putrescible que j’abhorre, si tu l’étais, ce que je ne désire point, alors tu pourrais sentir une douce caresse te parcourir le cuir chevelu, car sois en certaine, je m’applique avec une infinie délicatesse, mieux qu’aucune petite fille ne le ferait jamais.

Je me rappelle encore du jour où je t’ai vu pour la première fois.

À cette époque qui me paraît si lointaine, je n’étais qu’un petit vagabond, un orphelin, héritage de la guerre de Bosnie. Comme d’autres, j’avais préféré la rue aux orphelinats de fortune établis juste après la guerre. Toutefois, cette liberté avait un prix, la rue est une jungle avec ses ressources et ses prédateurs et pour un enfant, apprendre à y vivre n’est pas une mince affaire. Dans ce milieu, les vrais amis sont rares et accorder sa confiance un pari. À tout moment l’on risquait l’enlèvement, nous étions du pain béni pour les réseaux pédophiles et de trafic d’organes, qui nous savaient vulnérables.

Bien que j’ai rapidement pris conscience de toutes ces choses, cela ne me préoccupait guère, toute mon attention était portée à survivre, trouver de quoi manger et où passer la nuit suivante.

Ce jour-là justement, je me trouvais sur le marché de Markale à Sarajevo. Là même où deux années plus tôt, mes géniteurs avaient trouvé la mort déchiquetés par un obus. Je déambulais donc au milieu des passants, mettant mes compétences de pickpocket à l’épreuve en faisant les poches des pauvres bougres.

C’est alors que de derrière la vitrine de l’antiquaire qui t’exposait, ton teint pâle bien que subtilement rosé, a capté mon attention. J’ai avancé vers toi, découvrant à chaque pas un peu plus de ta splendeur envoûtante, d’une pureté contrastant de la laideur du monde. Je me suis approché jusqu’à écraser mon visage contre le verre pour mieux t’admirer. Tu portais alors ta petite robe de soie, d’un azure proche du bleu de l’iris de tes yeux. Ta tête était coiffée d’un simple ruban et une paire de souliers noirs cirés ornaient tes petits pieds. Tu étais comme une Alice ayant échoué dans un monde qui n’avait rien de merveilleux.

Avec l’imagination propre aux enfants, je me suis inventé des histoires dans lesquelles je t’aidais à retrouver ton pays des merveilles. Chaque matin, je venais te voir et nous vivions d’incroyables aventures ensemble. Puis un jour, tu n’étais plus là. Décidé à comprendre, j’entrais alors dans la boutique de laquelle l’antiquaire me chassa violemment, déniant me donner la moindre explication. Le choc fut terrible, mais je me résignais, que pouvait bien faire un jeune orphelin sans la moindre emprise sur ce monde.

Sans que je ne t’oublie, les années passèrent. Entre temps nous avions formé une petite bande avec les autres orphelins des quartiers voisins. Je n’avais pas le physique d’un bagarreur, mais mon intellect et ma détermination bien supérieurs à ceux de mes camarades, me firent rapidement et naturellement prendre le rôle de chef. J’étais également le plus âgé et j’avais donc eu la chance de recevoir une éducation, je savais donc lire et écrire ce qui asseyait un peu plus mon autorité. Les mois passants, les orphelins des quartiers plus éloignés vinrent grossir nos rangs, et de cette petite bande des rues, émergea peu à peu un gang. Du vol à la tire et vente de cigarettes, nous étions passés aux cambriolages, trafic de drogues douces et recel d’armes à feu de petit calibre.

Le jour de mes dix-sept ans, je me trouvais à la tête d’une véritable organisation criminelle dotée de filières et d’une hiérarchie bien établie. Nous avions même des locaux où nous entreposions et produisions désormais notre propre marchandise, principalement de l’herbe.

Cette croissance spectaculaire attira bientôt la convoitise des gangs rivaux. Débutant par de petits conflits éparses, la situation s’envenima pour nous faire basculer dans une véritable guerre des territoires d’une violence à laquelle nous n’étions pas préparés. La leçon fut apprise à la dure, nombre des nôtres en payèrent le prix fort. Il fallait être sans pitié, plus violent et plus cruel que ses ennemis. Il n’y avait aucune règle, complots, assassinats, prises d’otages, tout était bon. Dans l’ombre des ruelles et des décombres de la guerre passée, nous répétions à plus petite échelle, l’histoire récente de notre ville. Cela dura deux années, deux années de barbarie qui nous transformèrent à jamais. À leur terme, nos anciens ennemis nous avaient soit rejoint, soit trépassés.

Mon organisation avait maintenant main basse sur toute la cité et ses banlieues. À l’image de notre ville en pleine renaissance, il était temps d’élargir nos horizons. Réseaux de prostitutions, trafique d’armes automatiques et drogues dures en provenance d’Afghanistan ne suffisaient plus, je voulais faire quelque chose de nouveau. En cela l’avènement d’internet fut ma pierre philosophale. J’avais rapidement perçu son potentiel et l’avenir allait me donner raison.

Sans compter j’investissais dans des infrastructures informatiques. Je recrutais les meilleurs développeurs, ingénieurs réseaux et « hackers » du pays, en faisant parfois même venir de Russie. Sur ce nouveau terrain de jeu nous étions l’avant-garde de la criminalité, avec l’apparition des monnaies numériques, tout était devenu possible et nous propagions nos activités illégales sur le web avec une facilité déconcertante. Mais de toutes, celle qui devint la plus rentable fut notre plateforme de casinos en ligne, baptisée « The golden spade ». Dans ce domaine précis nous étions devenus les leaders du marché européen. Cerise sur le gâteau, cette activité légale nous permettait de blanchir l’argent de nos autres filières.

Ce succès fulgurant ne manqua pas à nouveau de nous attirer les regards, seulement les choses se passèrent différemment cette fois.

C’est un cartel majeur de la « French connection » qui m’approcha. Ayant eux-mêmes senti venir le vent d’internet, il s’y était essayé. Mais malgré de gros investissements, leurs résultats étaient mitigés. J’étais bien placé pour le savoir, car leur casino en ligne avait été notre plus gros concurrent, sans pour autant avoir été une réelle menace. Ils avaient donc décidé d’acquérir « The golden spade », un peu à la façon dont une multinationale rachèterait une licorne faisant concurrence à ses projets.

Mais ce n’était pas tout, dans le cas présent, il s’agissait d’absorber notre organisation tout entière et donc, de jurer fidélité au Parrain du cartel, « Le cartel de la corde » comme on le surnommait, auquel j’allais devoir vendre mon âme et celle des miens. C’était le genre de proposition que nous ne pouvions pas refuser, le cartel avait des connexions bien plus développées que les nôtres, à tout moment ils auraient pu faire pression sur nos fournisseurs d’armes à feu en Russie, ou sur nos producteurs d’opium en Afghanistan pour qu’ils cessent de commercer avec nous.

La rançons de la gloire venait frapper à notre porte, mais les choses n’étaient pas si sombres. De grosses sommes d’argents étaient en jeu, et une place de choix au sein de ce cartel majeur m’était offerte, une occasion unique de rentrer dans la cour des grands.

Un défi de plus à remporter, dont la première épreuve fut la barrière culturelle et linguistique. Heureusement je parlais couramment anglais, en effet, cela faisait déjà deux années que je prenais des cours particuliers. Chose qui était devenue indispensable au vu du développement de nos activités à l’international. Mieux encore, bien que je ne savais pas tout à fait l’écrire, je parlais français, un héritage de ma défunte mère.

Avant la guerre, ma mère, Française, était venu étudier notre langue à Sarajevo. C’est là qu’elle est tombée amoureuse de son professeur, mon père, quelques mois après, je venais au monde. Aussi loin que je me souvienne, ma mère ne conversait avec moi que dans la langue de Molière. Si bien qu’à l’âge de sept ans je parlais aussi bien le français que le serbo-croate. Qui aurait pu deviner que cela me servirait un jour.

Je devins donc lieutenant au sein du cartel de la corde. Je gardais la responsabilité de l’organisation que j’avais créée bien que celle-ci ne m’appartenait désormais plus et je devais en plus gérer les sociétés de jeux en ligne du cartel. Ces dernières ne tardèrent pas à rencontrer le même succès que « The golden spade ». Je montais ainsi rapidement dans l’estime du parrain et m’attirait bien entendu la jalousie de mon supérieur hiérarchique, le capitaine chargé des activités du cartel sur le dark-web.

Un incompétent notoire qu’on surnommait « Muntagna », rapport à son imposante carrure. En coulisse on le surnommait également « le bouffon du roi », car son seul mérite était d’être le cousin du patron. Il était réputé pour sa violence et sa cruauté, attributs qui n’étaient pas rares dans ce milieu et dont je faisais moi-même preuve quand il le fallait. Toutefois, cet homme manquait cruellement de classe et d’intelligence et je ne comptais pas rester sous ses ordres éternellement. Le bouffon n’était qu’une pierre sur mon chemin, restait à savoir si je devais la contourner ou l’éjecter d’un coup de pied sur le bas côté.

Avant d’adopter une stratégie, je décidais d’en savoir plus sur mon adversaire, pour cela j’assignais mes trois meilleurs hackers à l’espionnage de ce dernier. Je leur demandais de porter une attention spéciale à ses infrastructures informatiques. Bien sûr nous aurions pu nous faire repérer, pour autant que le bouffon fut un incompétent, il avait eu le mérite de s’entourer d’informaticiens qui ne l’étaient point. Malgré tout, j’avais confiance en mon équipe et le risque me semblait mesuré. De plus, bien que placé sur un réseau séparé, l’infrastructure des jeux en ligne du cartel dont j’étais responsable se situaient dans les mêmes locaux que celles du bouffon. Nous avions donc un accès physique justifié aux salles serveurs, même si pour cela nous devions prendre l’avion jusqu’à Moscou, terre d’asile de la cyber-criminalité.

L’espionnage porta rapidement ses fruits : codes d’accès administrateurs, base de données, comptabilité, étaient autant de sources d’informations auxquelles j’avais accès, jusqu’à son ordinateur personnel. Je découvrais au passage ses travers les plus sombres. Des vidéos dans lequel on le voyait battre à mort des prostituées dont la plupart devaient être mineurs. Parmi tous les tarés que j’avais fréquentés jusqu’alors, celui-ci se hissait directement dans le top dix des plus pervers.

Ces enregistrements n’avaient aucun intérêt, Muntagna était déjà recherché pour nombre de crimes dont dix vies n’auraient suffi à expurger la peine encourue. Autant le livrer directement à la police, mais dans notre milieu on ne balance pas, c’est une question de déontologie, d’amour propre. Le choix le plus évident était de démontrer son incompétence au patron et pour cela, rien de mieux qu’une petite mise en scène.

J’optais alors pour un sabotage de quelques-uns de ses serveurs. Pour ce faire, mon équipe dégrada le niveau de sécurité des pare-feux, antivirus et correctifs de sécurité. Livrant ainsi ses serveurs en pâture aux premiers pirates qui découvriraient ces failles.

Les dommages infligés devaient bien entendue être calculés, suffisants pour décrédibiliser Muntagna sans toutefois mettre l’organisation en péril. À cette fin j’avais minutieusement sélectionné les serveurs que mon équipe allait saboter. La majeure partie concernait des machines hébergeant du contenu pornographique payant et portefeuilles de crypto-monnaie d’une valeur s’estimant à plusieurs dizaines de millions d’euros.

Il y avait également ce serveur plus sécurisé que la moyenne, mais ne contenant qu’un simple programme nommé « reborn ». Ce programme quand il tournait, générait automatique un numéro de téléphone toutes les minutes qu’il enregistrait dans un fichier de log.

Bien qu’intrigué par ce programme, j’avais formellement interdit à mon équipe de composer un des numéros générés, après tout cela pouvait être un piège. Je préférais donc laisser cette besogne au pirate qui tomberait dessus. Par acquit de conscience je demandais qu’un troyen soit intégré au programme pour pouvoir pister l’éventuel futur utilisateur.

Deux longs mois s’écoulèrent avant que quelqu’un ne s’infiltre enfin sur le réseau et à ma grande surprise ce ne fut pas par l’une des portes que nous avions laissé ouverte, mais par l’intermédiaire du smartphone de Muntagna. Ce dernier, victime d’un « fishing » en bonne et due forme, eut le malheur de brancher son smartphone pour le recharger à une machine connectée à son réseau. Cet imbécile s’était tiré une balle dans le pied tout seul.

Bien sûr le pirate profita pleinement des opportunités que nous lui avions laissées. Avant même que l’équipe de Muntagna ne découvre l’intrusion, les vidéos pornographiques furent effacées, les comptes de monnaies virtuelles vidés et l’exécutable « reborn » téléchargé et retirés du serveur. Tout s’était déroulé selon mes plans, le pirate avait tout raflé, en prime je n’aurai qu’à attendre qu’il lance le programme « reborn » pour le localiser et ainsi venir en secours à l’organisation, de quoi monter un peu plus dans l’estime du parrain. Je capitalisais ainsi sur le malheur que j’apportais.

Le jour suivant la cyber-attaque, je fus convoqué à une assemblée exceptionnelle à laquelle tous les capitaines se devaient d’être présents physiquement. Une sorte de table ronde du grand banditisme présidée par notre parrain. J’étais le seul lieutenant présent et malgré les précautions que j’avais prises, je n’étais pas tout à fait serein. Je me tenais debout derrière Muntagna qui occupait un des douze fauteuils de la table. Lui-même se trouvait à la droite du Parrain, ce qui en disait long sur sa position au sein de l’organisation. En dépit de cela, le bouffon du roi n’était pas plus serein que moi, il savait que cette convocation exceptionnelle le concernait directement, et s’attendait probablement au déshonneur d’être déchue de certaines de ses responsabilités.

Le Parrain fit dans un premier temps un bilan comptable des pertes financières engendrées par la cyber-attaque. Comme prévu, celles-ci s’estimaient à plusieurs dizaines de millions d’euros, une perte conséquente, mais pas de quoi ébranler une organisation dont le chiffre d’affaire excède le milliard par an. Une fois qu’il eut terminé, il établit calmement la responsabilité du désastre à Muntagna, qui acquiesça sans sourciller.

C’est ainsi que le verdict tomba : le Parrain fit signe de la main à un de ses gardes du corps. L’homme en question ouvrit une valise qu’il tenait auparavant et en sorti une corde qu’il présenta à Muntagna. Ce dernier resta médusé un instant, puis s’adressa à son cousin en balbutiant son incompréhension. La réplique qu’il obtint est resté gravée dans ma mémoire : « C’est l’ultime choix que je t’offre, met fin à tes jours dans l’honneur, ou dans la honte meurt ».

Après d’interminables secondes de mutisme, durant lesquelles il passa assurément par toutes les phases psychologiques menant à la résignation, Muntagna se déchaussa. Il monta ensuite sur la table, et saisi la corde qu’on lui tendait pour la fixer à un crochet se trouvant au plafond, objet que je n’avais pas encore remarqué. Aucun doute là-dessus, Muntagna avait déjà assisté à cette scène auparavant, mais cette fois-ci il allait en être le protagoniste.

Le condamné me lança regard froid avant de se passer la corde au cou, une façon de dire que je serai peut-être le prochain, puis il pressa un bouton se trouvant à proximité du crochet. Aussitôt la partie centrale de la table s’ouvrir sous ses pieds comme une trappe. Par malchance, son imposante carrure ne suffit pas à lui rompre le coup et son agonie s’étira sur deux longues minutes. Avant même que celle-ci ne se termine, le parrain m’invita à occuper le siège désormais libre. C’est ainsi que je prenais place sous les yeux injectés de sang de mon prédécesseur. Je ne pu m’empêcher de discrètement lui esquisser un sourire avant qu’il ne s’éteigne.

J’ai vu et commit de nombreuses atrocités au court de ma vie, dont la torture physique et psychologique, mais je dois bien avouer que je n’avais encore jamais assisté à une scène d’un tel sadisme. Je comprenais désormais d’où venait le nom du cartel, et en apprenait davantage sur la personnalité du parrain. L’erreur n’était pas une option, pas même pour son propre sang.

Plus tard j’eus une entrevue en privé avec le parrain au cours de laquelle il souligna à plusieurs reprises ma nouvelle priorité : recouvrer le programme « reborn » et si possible avant que celui-ci ne soit exploité. Le Parrain restait toutefois réaliste, avec les informations dont il disposait ma réussite devait lui paraître peu probable. Au cours de notre discussion j’essayais de glaner quelques informations sur le programme en question, mais il ignora purement et simplement mes requêtes en changeant de sujet à chaque fois, je n’insistais donc pas de crainte d’éveiller ses soupçons.

Il était clair que j’avais gravement sous-estimé l’importe de ce programme, cela ne faisait plus aucun doute, c’est sa perte qui avait coûté la vie à Muntagna. Si j’arrivais à le recouvrer, je confirmerais ma place en tant que nouveau second du cartel. Mais plus important encore, tous ces mystères avaient aiguisé ma curiosité, je devais savoir de quoi il en retournait.

C’est au moment de nous quitter, qu’il m’offrit le plus beau présent que l’on puisse me faire. Il avait eu vent de la recherche viscérale que je te dédiais depuis plusieurs années, sans succès. Mais lui t’a trouvé en si peu de temps, je n’ose imaginer la débauche de moyens humains et financiers que cela a pu coûter. Je ne pense pas qu’il mesure l’importance de ce qu’il a fait ce jour-là, pour lui ce n’était qu’un moyen de renforcer ma loyauté et de faire étalage de son pouvoir. Ce pouvoir qui sépare et réuni, cela m’a renvoyé au petit garçon démuni que j’étais. Combien de chemin avais-je parcouru depuis cette époque, quelle emprise avais-je désormais sur le monde ? Jusqu’où irais-je à tes côtés ?

La suite mon Alice tu la connais, les événements me menèrent à celui qu’on allait plus tard surnommer « L’informaticien ». Après que ce dernier ait activé le programme « reborn », le troyen installé par mon équipe fit son œuvre et nous pûmes rapidement le localiser et l’identifier.

Les chances qu’il n’utilise pas l’un des numéros de téléphone généré dans les minutes et heures suivantes étaient faibles, c’est donc dans la précipitation que je montais une opération destinée à recouvrer le programme et éliminer L’informaticien. Pour ne rien laisser au hasard je dépêchais des équipes sur tous les lieux de présences potentiels et connus de la cible : son domicile, son lieu de travail et chez ses parents.

Manquant d’homme sur les lieux à ce moment précis, je dû compléter mes équipes par des membres des Hoodsters, un gang local que nous avions récemment assujetti. Ce fut là une des plus grosses bévues de ma carrière. L’un deux s’avéra être un agent infiltré, par chance celui-ci ne faisait pas parti de l’équipe chargée de se rendre au domicile de l’informaticien. La mission fut malgré tout un échec partiel.

L’informaticien trouva la mort, mais réussi à emporter un membre des Hoodsters et deux de mes meilleurs hommes avec lui. C’est mon troisième homme qui montant la garde à l’entrée de l’immeuble entendit de multiples coups de feu, il se précipita alors au travers des étages jusqu’à l’appartement où il découvrit les corps.

Je ne sais toujours pas comment il a su qu’une de mes équipes se rendait à son domicile, mais toujours est-il que L’informaticien leur a tendu une embuscade. Bien que celle-ci fut un succès, avant de périr sous ses coups de feu, un de mes hommes avait eu le temps de le toucher à l’abdomen, provocant une hémorragie qui le fit rapidement se vider de son sang. Entendant les sirènes de police approcher, mon homme de main restant n’eut d’autre choix que de laisser les corps sur place, n’emportant avec lui que l’ordinateur portable et le téléphone du défunt. C’est comme cela que nous avons su que le programme avait été utilisé. Le dernier numéro composé par L’informaticien était un de ceux généré par le programme « reborn », le fichier de log pour preuve.

Le Parrain fut clément à mon égare, considérant toujours Muntagna comme unique responsable. Après tout, j’avais réussi à éliminer l’auteur du piratage. C’était déjà à ses yeux un petit miracle, et malgré la tournure qu’avaient pris les événements durant mon opération, les enquêteurs n’avaient semble-t-il pas fait de lien entre les Hoodsters et le cartel de la corde.

Je n’ai d’ailleurs jamais compris comment la police a pu écarter cette piste, les corps de mes hommes, l’agent infiltré témoin direct de l’opération. Le Parrain avait-il graissé la patte de hauts fonctionnaires de police ? Si oui, pourquoi ne m’en aurait-il pas parlé. Pour finir, quelle était la fonction de ce maudit programme « reborn ».

Ces questions je me les poses tous les jours depuis maintenant trois ans, et aujourd’hui je vais peut-être trouver des réponses à certaines d’entre elles. Il y a quelques temps, une de mes taupes dans la police française m’a fait vent d’une rumeur : un homme, un milliardaire serait en train de soudoyer des hauts fonctionnaires pour en apprendre plus sur « le massacre du 29 ».

Cela pourrait confirmer mon hypothèse sur le fait que certains d’entre eux ont fait disparaître des preuves sur l’implication de notre cartel. Je fais donc suivre cet homme par mon meilleur espion depuis, et je viens d’apprendre qu’il va rencontrer un haut responsable de la SIAT, un certain Michel Rivière. Il est temps que les cartes tombent.


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Un commentaire

  1. Ce chapitre est riche dans le contenu et avec une atmosphère inquiétante , j’ai un peu de mal à faire le lien avec les autres chapitres .

    a+

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