[amm] XIV – Retrouvailles secrètes

<Illustration à venir>


À ma mort

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Demain cela fera deux mois que j’ai échappé à ce carnage, deux mois que deux agents du SDLP, Service De La Protection, m’escortent partout où je vais. Heureusement je n’ai pas eu à changer de domicile, ni d’identité. Apparemment ce type de programme de protection des témoins n’existe toujours pas en France, néanmoins mon adresse est tenue secrète dans le dossier de l’attaque du 29 février. Officiellement je réside donc à la brigade de police du 13e arrondissement.

C’est ainsi, ma vie a basculé une nouvelle fois et j’ai dû l’accepter. En l’espace de quelques minutes, j’ai perdu tous mes collègues, mon travail, on a voulu me tuer, on m’a protégé, et j’ai moi-même ôté et sauvé une vie. Cette expérience m’a tellement marquée que j’ai l’impression parfois de ne plus être la même personne. Tout est différent, ma façon de percevoir le monde est différente, jusqu’aux sensations les plus basiques comme les couleurs, les sons, le goût des choses. Rien n’est plus et ne sera plus jamais pareil, la Marie Blanche d’avant est morte.

Étrangement je m’en sors plutôt bien maintenant. Mais les débuts ont été difficiles, cette transformation ne s’est pas faite sans douleur, loin de là, et puis être accompagné H24, ne plus avoir aucune intimité, ça n’aide pas à reconstruire sa vie. Toutefois, j’ai bien conscience que ces deux agents ne font que leur travail et je leur en suis reconnaissante. Après tout, ces hommes sont prêts à recevoir une balle pour moi, c’est une raison suffisante pour leur manifester tout le respect qu’il se doit. Parfois il m’arrive de leur payer le café, et à force j’apprends à les connaître : Farid est un père de famille aimant, alors que Jean est un fêtard célibataire, un duo fonctionnant parfaitement, j’en serais presque jalouse. Malgré tout ce temps passé ensemble, ils gardent toujours une certaine distance avec moi, je sais qu’ils ne me tutoieront jamais, ce que je comprends parfaitement.

– Ah… cette nouvelle vie prend déjà une tournure routinière, me dis-je en soupirant.

Mais aujourd’hui pas de place à la monotonie, je vais revoir l’homme qui m’a véritablement sauvé la vie, Monsieur Kane. Il est sorti il y a peu de l’hôpital et m’a téléphoné la vielle pour organiser une rencontre. Nous nous sommes donc donné rendez-vous dans le 13ᵉ, sur la terrasse d’un café bistro à laquelle je suis déjà installée. Deux tables plus loin mes deux anges gardiens sirotent leur expresso, l’attente sera longue, sans compter que j’ai une bonne trentaine de minutes d’avance. Une mauvaise habitude dont j’ai un certain mal à me débarrasser.

Dieu, ce que j’ai hâte d’échanger avec lui, je veux en apprendre plus sur l’homme qui m’a sauvée. J’ai entendu dire qu’il avait reçu la médaille d’honneur de la police nationale à titre exceptionnel, et qu’il avait été promu au rang de commissaire divisionnaire de la même manière, un fait apparemment extraordinaire au vu de son jeune âge.

Tiens, quand on parle du loup ! Visiblement je ne suis pas la seule à avoir ce vice d’être toujours largement en avance. En tout cas, pas de doute c’est bien lui. On ne s’est vu qu’une fois, mais celle-ci fut assez mémorable pour que j’enregistre les grandes lignes de son visage. Bien sûr son teint métissé et la béquille qui l’aide à tenir debout apportent leurs contributions. Toutefois, je ne me rappelais pas qu’il était si bel homme. Il faut dire que la dernière fois il portait tout un tas d’horribles piercings et était accoutré comme un gangster. Le costume lui va sans conteste bien mieux, je ne regrette pas le temps que j’ai investi à me maquiller et à choisir une robe.

Il scrute quelques instants les environs, je lui fais signe de la main afin qu’il puisse me voir et bientôt il s’approche. Je m’éclaircis rapidement gorge.

– Bonjour Mademoiselle Blanche, dit-il en me tendant la main.

Main que je m’empresse de troquer contre une bise bien française, une fois n’est pas coutume.

– Bonjour monsieur Kane, pourriez-vous m’appeler Marie, après ce que nous avons vécu ensemble, cela me mettrait plus à l’aise.

– Entendue Marie, appelez-moi Édouard dans ce cas, ou même Ed si vous le souhaitez.

– Je vais m’en tenir à Édouard pour l’instant, si cela ne vous dérange pas, dis-je en souriant.

– Très bien Marie. Répond-il en me retournant le sourire.

– Alors, Édouard, comment va votre jambe ?

– Ma foi plutôt bien, la balle n’a pas endommagé de zone critique, je n’aurai donc pas de séquelles. D’ailleurs je suis en rééducation depuis une semaine déjà et d’après les médecins, je guéris plus vite que la moyenne. D’ici quelques mois je serai comme neuf.

– Je suis ravi de l’entendre, je m’inquiétais pour vous.

– Rassurez-vous, comme vous pouvez le voir tout va pour le mieux. Bien, assez parlé de moi ! Marie, comment allez-vous, après ce qu’il s’est passé ?

Cette question me fait baisser les yeux vers la table, non pas par gêne, mais pour plonger dans mon ressenti présent, afin de lui répondre avec sincérité.

– Je ne sais pas… j’ai parfois l’impression que tout ceci n’est pas réel. Au début je faisais beaucoup de cauchemars, et ça encore c’est quand j’arrivais à trouver le sommeil, il m’arrivait même de faire des crises de paniques en plein jour, mais depuis quelques semaines les choses se sont tassés. Le suivi psychologique que l’on m’a offert a beaucoup aidé de ce côté-là.

– Vous êtes une femme courageuse Marie. Vous savez, moi qui suis pourtant formé à faire face à ce genre de situation, il m’a fallu du temps pour retrouver une certaine sérénité, me dit-il le regard plein de compassion, ou plutôt d’empathie.

– Dans votre cas c’est tout à fait normal, vous avez été grièvement blessé et avez échappé de peu à la mort. Dis-je avec vigueur.

– Non Marie, par ma faute vous avez dû…

– Ne dites pas cela ! Si vous n’étiez pas revenu je serais morte à l’heure qu’il est. Dans cette histoire il n’y a qu’un responsable !

– Vous parlez de « l’informaticien » ? Demande-t-il.

Marquant une seconde d’hésitation, je réponds :

– Ah oui, je ne m’habituerai jamais à ce surnom ridicule.

Kane s’éclaircit la gorge, aie-je dis une bêtise ? Puis il reprend :

– Justement, je voulais vous poser un certain nombre de questions à son sujet, si cela ne vous dérange pas.

J’aurais préféré éviter le sujet, mais je lui dois bien ça.

– Aucun problème, Je serais ravie de me rendre utile.

– Je m’excuse d’avance, car je sais que la plupart de ces questions vous ont déjà été posées par les inspecteurs en charge de l’enquête, mais j’ai besoin d’entendre les réponses de votre propre bouche. De plus, ils auraient pu omettre de retranscrire certains détails.

– Très bien, je vous écoute.

– Merci. Voyez-vous, j’ai ma théorie personnelle sur « l’informaticien », une théorie qui diffère légèrement de l’enquête officielle et il me manque quelques pièces du puzzle pour l’étayer.

– Sur quels points diffère-t-elle exactement ?

– Un principalement. Dans le rapport il est statué que le mobile de « l’informaticien » était purement vénal. Que son seul objectif était de soutirer le plus d’argent possible à des organisations de type criminels, respectant par la même un certain code d’honneur qu’il se serait fixé lui-même. Mais ce n’est pas mon avis, il a pris trop de risques, c’est comme s’il ne craignait pas la mort, qu’il était prêt à sacrifier sa vie. Je pense personnellement qu’il voulait rendre une certaine forme de justice, et que l’argent ne l’intéressait pas.

– Une sorte de justicier ? Dis-je avec étonnement.

– Peut-être oui, une sorte de justicier fanatique. Vos réponses m’aideront peut-être à le confirmer.

– Alors commençons, vous avez éveillé ma curiosité. Dis-je avec entrain.

– Bien, me répond-il, en sortant un calepin et un crayon de sa veste. Un peu vieux jeu, surprenant pour un homme de sa génération.

– Hmm, la première est un peu personnelle.

– Allez-y, dis-je désormais impatiente.

– Quel type de relation entreteniez-vous avec lui ?

– Au début rien de particulier, nous n’étions que de simples collègues et nous n’avions que très peu d’échanges au travail. Ce n’est que récemment, enfin, les quelques semaines avant le 29 février que les choses ont commencé à évoluer.

– Évoluer ? Dans quel sens ?

Nous en voilà déjà au passage déplaisant de l’histoire.

– Eh bien, disons que j’avais quelques soucis au travail, des soucis du genre harcèlement morale. Cela ne datait pas d’hier, mais les choses avaient empiré dernièrement et c’est lui qui y a mit fin.

– Comment a-t-il fait, s’est-il interposé, a-t-il alerté les partenaires sociaux ou quelque chose dans le genre ?

– Non, rien de toute cela, à vrai dire je ne sais pas vraiment comment il a fait, mais du jour au lendemain, les harcèlements ont stoppé net. Et ce n’est pas tout, deux des employés concernés ont été mutés et j’ai bénéficié d’une forte promotion.

– Mais, sans connaître la méthode employée, comment pouvez-vous savoir que c’était lui ?

– Je l’ai su car, juste avant que cela ne prenne fin, il m’a dit que tout allait s’arrêter, d’ailleurs sur le coup je n’ai pas vraiment compris ce qu’il voulait dire par là, ce n’est qu’après que j’ai réalisé.

– Je vois, vous n’avez pas réussi à obtenir plus de réponses par la suite ?

– Non justement, car en plus de l’avancement, j’ai bénéficié d’un long congé gracieusement offert par mon responsable, et à mon retour il était absent. Il avait posé deux semaines, un congé démarrant le jour même de ma reprise, c’est comme s’il avait voulu m’éviter. J’ai malgré tout voulu obtenir des réponses, c’est pourquoi je suis allée directement chez lui.

– C’est là que vous l’avez revu.

– Non, du moins, pas lors de mes premières tentatives. J’ai quand même fini par tomber par hasard sur sa voisine. C’est elle qui m’a indiqué qu’il séjournait à l’hôpital suite à un accident de moto. Je ne savais même pas qu’il en avait une, il venait toujours au travail en transport en commun.

– On a justement retrouvé la moto dans le garage de la dite voisine, Nadine Chevalier.

– Oui, il me semble bien qu’elle s’appelait Nadine, elle m’avait demandé de lui passer le bonjour, d’ailleurs en y repensant, je crois bien avoir oublié de le faire.

– Donc, vous l’avez rencontré à l’hôpital le jour suivant.

– C’est bien ça, le jour suivant ma rencontre avec Nadine, il était dans un sale état, des bandages partout.

– En effet, j’ai eu accès à son dossier médical, et sinon, il ne vous a toujours rien dit ?

– Non, la seule information que j’ai puis lui soutirer, c’est qu’il était bel et bien responsable de la fin des harcèlements. J’ai vraiment essayé d’en savoir plus, mais il était vraiment résigné à ne rien dire.

– Je vois, merci, cela va beaucoup m’aider, dit-il en rangeant son calepin.

Il dit cela par pure politesse, tout ce que je viens de dire, il a dû le lire dans le rapport à quelques détails près.

– Si ça ne vous dérange pas, j’aurais moi-même quelques questions à vous poser à mon tour, lui dis-je.

– Je vous écoute.

– Ma première question, concerne la fusillade, de ce que je sais, les auteurs sont de la mafia.

– En effet, le cartel de la corde, une organisation criminelle spécialisée entre autre dans le trafic d’héroïne.

– Pourquoi s’en sont-ils pris à des innocents ? Qu’avions nous fait ? N’était-il pas le seul impliqué dans cette sale affaire ?

– Vous savez, ces gens-là ne réfléchissent pas comme le commun des mortels, ils n’ont pas les mêmes valeurs que nous. Ce n’est même pas une histoire de rancœur, ni de vengeance. L’objectif ici été de faire passer un message. Passer l’envie à qui que ce soit de faire la même chose. C’est une pratique courante dans ce milieu de s’en prendre à la famille, aux amis, jusqu’aux connaissances. Femmes, enfants, animaux domestiques, rien ne les arrête.

– Mais qu’a-t-il fait de si grave pour déclencher un tel bain de sang ? Quelle somme leur a-t-il soutiré ?

– Pour commencer, il est suspecté d’être à l’origine de la mort de trois membres du gang des Hoodsters, dont l’ancien numéro un qui était en relation directe avec le cartel de la corde.

– J’ai dû mal à croire qu’il ait pu tuer quelqu’un. Dis-je perplexe.

– Pourtant son ADN a bien été retrouvé sur une des scènes de crime, sans parler du rétroviseur de sa moto. Mais ce n’est pas ça qui a déclenché les foudres du cartel. Après avoir pris possession du téléphone portable du chef de gang, il s’en est servi pour hameçonner toute sa liste de contacts. Sans vouloir rentrer dans les détails, un capitaine du cartel s’est fait piégé, créant ainsi une brèche sur les serveurs de l’organisation. Ensuite, tout ce que nous savons, c’est que « l’informaticien » a mis la main sur quelque chose d’extrêmement précieux à leurs yeux.

– Mais comment ont-ils fait pour remonter jusqu’à lui ?

– Nous ne savons pas exactement, mais l’hypothèse la plus probable est la suivante : le téléphone subtilisé au chef de gang disposait d’un système Android, un OS développé par Google. Or Google logue par défaut tous les déplacements des mobiles utilisant son système, soit en utilisant simplement la puce GPS, soit par triangulation du signal. Une fois l’historique des déplacements analysée, il n’aura pas été difficile de faire le lien avec la mort de « Chico », le dealer voisin de « L’informaticien ».

– Certes mais, il est impossible d’accéder à ces données, elles sont privées.

– Vous savez, la mafia dispose de moyens presque illimités, pour eux accéder à ce genre d’information n’est qu’une question d’argent.

– Et vous, comment avez-vous su qu’ils venaient ?

– Comme vous le savez sûrement déjà, j’avais infiltré le gang des Hoodsters depuis des mois. Le jour J, certains membres des Hoodsters ont été convoqués par le cartel de la corde pour participer aux opérations, et par chance je faisais partie de celle visant le lieu de travail de « L’informaticien ». J’étais chargé de faire le boulot d’éclaireur, ce qui m’a laissé une petite longueur d’avance sur les hommes du cartel.

– C’est à ce moment-là que vous avez contacté la police, mais pourquoi ne pas avoir envoyé directement un groupe d’intervention ?

Bien sûr, mais vous savez, l’intervention du GIPN nécessite plusieurs dizaines de minutes, des minutes que nous n’avions pas. C’est pourquoi mon supérieur hiérarchique a pris la décision d’envoyer les policiers patrouillant à proximité de vos bureaux. Vous connaissez la suite, dit-il en se joignant les mains sous le menton.

– Oui, quinze morts. Dis-je en fermant les yeux un instant.

Kane reprends en détaillant le catastrophique bilan :

– Neuf civiles, deux policiers, quatre membres du cartel, à cela viennent s’ajouter les deux parents de l’informaticien assassinés à leur domicile. Et pour conclure, l’informaticien lui-même ainsi que deux autres mafieux dont les corps ont été retrouvés dans son appartement.

Pas étonnant que l’affaire ait fait la Une des médias durant plusieurs semaines.

– C’est lui qui les aurait tués ?

– De toute évidence, c’est aussi là qu’il a été mortellement blessé et qu’il s’est vidé de son sang.

Je lui en veux tellement, pourtant au fond je lui reste toujours un peu reconnaissante, c’est un sentiment mitigé sans aucune logique.

– J’ai, j’aurais une dernière question. Après avoir quitté l’agence, pourquoi êtes-vous revenu ?

Kane marque une petite pause avant de reprendre :

– Marie, vous devriez plutôt me demander pourquoi je suis parti. J’aurais dû rester pour vous protéger vous et vos collègues, mais j’espérais encore conserver ma couverture, ou plutôt je craignais pour ma vie. Sur l’instant j’ai agi lâchement, ce n’est qu’un peu plus tard que pris de remords, j’ai fait demi tour.

– Édouard, vous n’avez pas à vous justifier auprès de moi, vous avez risqué votre vie, vous avez failli mourir.

– Mais vos collègues…

– Ne vous accablez pas, s’il y a quelqu’un à blâmer dans cette sordide histoire, c’est bien lui. Dis-je en apposant ma main sur les siennes un court instant.

– Vous avez peut-être raison, mais je me sens tout de même coupable.

– Vous ne devriez pas, après tout, vous avez été récompensé pour votre courage, vous avez même été promu commissaire.

– Je vois que vous avez mené votre petite enquête, dit-il en souriant.

– J’avoue m’être quelque peu intéressée à la personne à qui je dois la vie.

– À vrai dire, j’avais déjà le niveau d’étude, les recommandations et les qualifications nécessaires pour entrer en tant que commissaire dans la police, mais je souhaitais d’abord faire mes preuves sur le terrain. Je voulais avoir un parcours exemplaire afin d’affirmer mon autorité auprès des officiers. Le résultat n’est pas brillant.

– Vous êtes du genre à prendre la route la plus difficile.

Un petit sourire charmant se dessine sur le coin de sa bouche, juste avant qu’il ne me réponde :

– C’est celle dont on tire le plus de gloire. D’ailleurs, cela me fait penser que j’ai quelque chose pour vous.

Kane sort une petite boite de l’intérieur de sa veste, le genre de boite où l’on peut trouver un pendentif ou une bague. Pourrait-il s’agir d’une bague de fiançailles ? Nous ne sortons même pas ensemble. Il me tend la boite que je saisis presque en tremblant, je l’ouvre et y trouve… une médaille !?

Kane me regarde droit dans les yeux avant de reprendre :

– Normalement cette médaille est remise lors d’une cérémonie, mais au vu du programme de protection des témoins, on m’a chargé de vous la remettre en toute discrétion. C’est la médaille d’honneur pour acte de courage et dévouement, vous l’avez amplement mérité Marie.

Un mélange de fierté et de déception se confondent en moi. Notre rencontre s’achève quelques minutes plus tard, après avoir convenu de se revoir d’ici quelques semaines, une date qui me paraît bien loin.

L’attente va être longue…


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