[amm] XI – Marionnette fantoche

<Illustration à venir>


À ma mort

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En arrivant au hangar N13, je gare ma moto le long du mur ouest et coupe le contact, mettant fin au ronflement mécanique de mon engin. Je me dirige ensuite vers l’entrée piétonne tout en relevant la manche couvrant ma montre, elle affiche minuit moins le quart.

À l’intérieur un essaim de hors-la-loi s’agite bruyamment. Un chaos organisé, ça parle fort pour s’imposer, ça tape du poing sur l’épaule pour saluer, tout cela au milieu d’une odeur nauséabonde, mélange de renfermé et de transpiration trop chargée en testostérone. C’est la première fois que je vois autant de membre du gang réunis. Bien que cela fasse déjà plusieurs mois que j’ai intégré le club, je n’en connais pas la moitié. Pour qu’il y ait autant de monde, tous doivent être présents en dehors des plus bas échelons : guetteurs et recrues.

Au milieu de la foule je discerne une figure familière, grand et sec, le nez aquilin, c’est Moron. Sans perdre de temps, je m’approche de lui et le salut à la façon du gang : un coup de poing dans l’épaule qu’il me rend aussitôt suivi d’un « forearm shake », autrement dit, une poignée de main au niveau de l’avant-bras. Sans doute le truc le plus virile qu’ils aient trouvé.

— Tu sais ce qu’il se passe ici ?

Moron, hésitant, me répond :

— Aucune idée, tout c’que j’sais, c’est qu’le boss est sacrément nerveux, r’garde le, il fait les cent pas depuis que j’suis arrivé, dit-il en pointant du doigt la balustrade accrochée à la paroi intérieur du hangar.

Là-haut, j’aperçois Hammer, le nouveau président et ancien bras droit du Molosse. Ce gars n’est pas un gangster de bas étages, il est bien connu des services de polices et a déjà effectué de longs séjours en prison. C’est une brute et un meurtrier comme tant d’autres ici, mais celui-ci est équipé d’un cerveau, ce qui le rend particulièrement dangereux. C’est le genre de sociopathe très confiant, qui a toujours un coup d’avance sur ses adversaires. Toutefois, le manège incessant de ses allers-retours devant la baie vitrée des bureaux du premier étage, indiquent qu’il n’en mène pas large. Je suis curieux de savoir ce qui met un criminel endurci tel que lui dans un pareil état. Ce type est quand même connu pour avoir tué à mains nues, son surnom lui vient d’ailleurs de là, l’homme qui cogne tel un marteau.

Tout à coup il s’arrête, regarde l’heure à la pendule accrochée sur le mur derrière lui, puis s’éclaircit la voix. Le silence s’installe progressivement tandis que les membres se tournent vers lui.

— Bon ! À cette heure, vous devriez tous être là ! dit-il haut et fort, faisant résonner sa parole dans tout le hangar.

— Vous devez sûrement vous demander ce que vous faites ici ce soir.

Quelques assentiments s’affichent et chuchotis se font entendre parmi l’assemblée. Hammer survole son gang du regard, hochant de la tête nerveusement.

— Très bien. La raison, c’est qu’aujourd’hui, j’ai été contacté par le cartel de la corde et ils ont demandé à tous nous rencontrer ici ce soir.

La nouvelle nous tombe dessus comme une douche froide et pour cause, jusqu’à présent, seul le président des Hoodsters avait le « privilège » d’entretenir les relations avec le cartel. Autrement dit, en dehors du défunt Molosse et de Hammer, quasiment personne ici ne les a côtoyés. L’assemblée accuse le choc, certains s’interrogent à voix haute, d’autres restent figé de stupeur. La tension est palpable, car ici tout le monde le sait, la venue du cartel ne peut être qu’une mauvaise nouvelle… enfin… pas pour moi. Cela fait des mois que j’attends une occasion pareille, c’est inespéré.

Tandis que débats et controverses éclatent ici et là, Hammer fait un aller-retour supplémentaire sur la balustrade, avant de s’arrêter de nouveau pour reprendre :

— Oui le cartel va arriver d’un instant à l’autre pour je ne sais quelle raison, et je compte sur vous tous pour leur montrer du respect. N’oubliez pas que ce sont nos uniques fournisseurs.

Hammer est loin d’avoir calmé les tensions, au contraire, les échanges s’intensifient, se mêlant en une cacophonie atteignant les limites du supportable. À cinq pas de moi, un homme de forte corpulence prend la parole :

— Mais pour qu’ils se prennent ! Depuis quand ces types nous donnent des ordres ! Comment peux-tu laisser passer ça Hammer !

Hammer adresse un regard défiant à son interlocuteur, alors que nombreuses sont les approbations. Mais brutalement les voix s’éteignent, laissant place au son distinctif produit par le moteur diesel de plusieurs fourgonnettes.

— Ils arrivent, faites bien attention à ce qui sort de vos grandes gueules !

Une poignée de seconde à peine s’écoule, avant que la porte piétonne du hangar s’ouvre sur un défilé d’hommes dotés d’armes automatiques. Dès le premier coup d’œil on voit qu’ils sont d’une autre trempe que les Hoodsters. Ces hommes ont le regard froid du professionnel, le physique de l’athlète, et l’apparence anonyme du citoyen ordinaire. Pris individuellement, sans leurs armes, il serait difficile de les discerner du commun des mortels. Chemise uni, pantalon, chaussures de ville sportives, pas de tatouage apparent, pas de piercing. Tout au plus de petites cicatrices çà et là. De véritables caméléons pouvant aisément se dissimuler dans la masse.

En comparaison, les membres des Hoodsters font pâle figure : une bande désordonnée de sweat à capuche, vestes en cuir et jogging, aux postures et tatouages plus outrageants les uns que les autres.

Le son des pas incessants des hommes entrant dans le hangar résonne, donnant à l’instant présent le cachet d’un rite cérémonial. Chaque nouvel arrivant vient s’installer au côté du précédent, formant ainsi une ligne parfaite s’étalant face à l’assemblée des Hoodsters.

Enfin, le ballet s’achève sur l’entrée de deux individus n’ayant pour seule particularité le fait d’être chargé. L’un porte une petite table pliante et l’autre tire une valise à roulette de bonne taille. Tous deux s’arrêtent au centre et devant la ligne formée par leurs camarades. La table est ensuite installée et la valise ouverte. Un écran en est extrait, ainsi qu’une boite noir cubique d’environ trente centimètre de côté. Les objets sont disposés d’un bord à l’autre de la table, l’écran à gauche nous faisant face, et la boite noire à droite. La valise quant à elle est laissée ouverte, je remarque que sa paroi intérieure est incrustée d’un imposant haut-parleur.

Les deux hommes s’étant acquittés de leurs tâches se placent en retrait, et l’un d’eux fait signe de la main à Hammer de descendre. Ce dernier grimace mais s’exécute aussitôt.

Le silence est pesant. Les loups sont à présent des agneaux pétrifiés par leur instinct de survie face aux ours. Aucun homme du cartel n’a prononcé le moindre mot, leur seule présence suffit à insuffler l’ordre au troupeau.

L’individu à proximité de l’écran lève le bras pour regarder l’heure à sa montre. Il demeure comme cela, figé, d’interminables secondes, minutes. Quand enfin, à minuit pile, il baisse le bras. L’écran s’allume alors comme par magie sans aucune intervention ni alimentation électrique.

Se dévoile alors une scène des plus inattendues : une poupée de porcelaine à la longue chevelure dorée, coiffée d’une large capeline feutrée, et habillée d’une magnifique robe rose d’un style inspiré du 18e. Cette dernière est installée dans un fauteuil haussmannien constitué de cuir et d’acajou. Bien que le fond du décor soit trop sombre pour y discerner quelque élément que ce soit, le faible éclairage fluctuant et le son d’un crépitement, font deviner la présence d’un feu de cheminée.

Tout autour de moi, c’est la stupéfaction générale, certains bouche bée comme Moron, d’autres prêts à pouffer de rire. Près de moi, l’homme à forte corpulence s’écrie :

— Mais c’est quoi ça, c’est une blague ?! Vous vous fou…

Mais il est immédiatement interrompu par Hammer.

— Toi ferme-la, ou je vais t’la faire fermer à coup de poing dans ta face ! Vous avez entendu, fermez-la tous ! dit-il en serrant la mâchoire de colère.

Hammer se tourne vers les deux hommes proches de la table et s’adresse à eux :

— Qu’est ce tout ça veut dire, où se trouve Muntagna ? Et surtout… c’est quoi ça ? Termine-t-il en pointant l’écran du doigt.

J’ai bien entendu, il vient de dire Muntagna. C’est un des capitaines du cartel, leur connexion avec les Hoodsters est donc bien plus forte que nous ne l’avions imaginé à la SIAT. Muntagna, ou « La montagne corse » comme certains l’appellent, est l’homme chargé de toute la banlieue sud de Paris. Sa simple capture ferait de ma mission un succès.

À l’écran, les paupières de la poupée s’ouvrent, révélant deux petites perles blanches sans iris ni pupille, donnant à leur propriétaire un aspect teinté de surnaturel. Puis, c’est au tour de la mâchoire de s’articuler. Une petite voix transgenre se fait alors entendre au milieu des crépitements.

— Vous vous méprenez, Monsieur Hammer. Amorce-t-elle en laissant s’échapper un petit rire satirique avant de reprendre :

— Hammer, voyons, quel pseudonyme grotesque. Je ne puis m’empêcher d’en ricaner, veuillez m’en absoudre.

Bien que depuis ma position je ne puisse voir que le dos d’Hammer, il ne m’est point difficile à imaginer l’expression de colère qui doit arborer son visage. Je suis d’ailleurs étonné de la retenu dont il fait preuve.

— Quoi !? C’est l’pantin qui parle ? Vous êtes venu ici pour nous insulter ? Mon surnom m’a été donné par le Molosse, comme nous tous ici !

La poupée répond :

— Allons bon, mon cher, rassurez-vous. Loin de moi l’intention de vous offenser. Jusqu’à cet incident, nous avons toujours été satisfaits des relations que nous entretenions avec les Hoodsters. À présent, pour ce qu’il est de Muntagna, sachez que bien qu’il soit ici partiellement présent, ce n’est pas à lui que revient le mérite d’avoir arrangé cette rencontre, mais à ma propre personne.

— Quel incident ? La mort du Molosse est une affaire interne. J’peux comprendre que vous n’aimiez pas devoir changer d’interlocuteur, mais d’là à parler d’incident ?

— Ne vous méprenez point, l’incident en question n’est pas le trépas de votre Molosse, mais l’événement fâcheux qui en a découlé.

— Vous parlez de l’email infecté ?

— Précisément !

Hammer inspire et expire avec insistance, ne cachant pas son exaspération.

— Si ce n’est qu’ça, vous devez savoir que nous avons détruits tous les téléphones et ordinateurs infectés. Les lieux de stockage de votre marchandise ont été changés. Il n’y a absolument plus aucun risque.

— Aucun risque ? Comment pouvez-vous prétendre une telle chose. Avez-vous seulement considéré la quantité et la nature des informations ayant pu fuiter.

Hammer ne trouvant pas de réponse convenable, laisse un embarras de quelques secondes s’écouler.

— C’est bien ce que je pensais, vous n’en avez pas la moindre idée. Soit, ce problème ne nous soucierait aucunement, si l’un des nôtres n’avait eu l’idée insensée, de connecter son smartphone sur le port USB d’une machine reliée à notre réseau informatique. Mettant sottement en péril notre organisation pour recharger la batterie de son appareil.

— Attendez ! Vous voulez nous rejeter la faute de c’qu’est arrivé ?

— Ce n’est pas aussi simple. Voyez-vous, tout événement, accident dans notre cas, est la suite logique d’une succession d’actions, ici malencontreuses. C’est le principe de l’action réaction décrit par Newton. Autrement dit, le futur dépend de la qualité de nos actes présents.

Pas certain qu’un type comme Hammer se soit déjà intéressé à Newton. La poupée continue :

— L’être humain n’ayant point capacité à prédire l’avenir, le seul moyen s’offrant à lui pour prévenir qu’un accident ne se réitère, est d’établir la responsabilité de chacun, et de mettre en place des procédures.

— Qu’est-ce que vous voulez dire par là ? demande Hammer.

— Je m’efforce de vous faire comprendre que suite à cet incident, nous avons souffert la perte d’un trésor inestimable, irremplaçable. Quand de telles déconvenues surviennent, nous avons pour habitude de remonter la chaîne des responsabilités, ensuite nous appliquons le protocole.

— Le protocole ? Mais de quoi vous parlez ?

La poupée lève la main gauche. Aussitôt l’homme se trouvant à proximité de la boite noire, vient détacher un nœud à sa surface et en soulève délicatement le couvercle cloche.

Peu à peu, la tête tranchée d’un homme au visage cyanosé se dévoile.

— Le protocole se résume à déterminer et éliminer les maillons faibles.

La surprise provoquée par le macabre spectacle ainsi que les mots prononcés déclenchent un mouvement de panique. Chacun sort son arme de poing de sa veste ou de l’arrière de sa ceinture. Une avalanche de cliquetis métalliques percute mes oreilles. Ils sont bien étrangers à ceux que j’entendais dans le restaurant il y a encore peu, et loin de m’apaiser. Le bruit des culasses et des chiens armés m’évoquent un probable bain de sang.

Me préparant au pire, je sors mon Beretta du holster dissimulé sous ma veste et le pointe en avant. Si je devais tirer maintenant, ma balle finirait certainement dans le dos d’un des Hoodsters se trouvant devant moi. Disposé ainsi et face à des salves d’armes automatiques, nous serions tous décimés en quelques secondes.

Moron lui, est armé d’un vieux revolver que je ne saurais identifier, tellement ce dernier a été modifié et mal entretenu. Moron a beau être un « Moron », il a bien conscience de la situation critique que nous vivons, son teint livide et ses tremblements en sont pour preuve. Espérons qu’il n’appuie pas sur la gâchette par erreur.

— Qu’est-ce que ça veut dire, pourquoi vous avez butté un de vos capitaines ? Crie Hammer en levant la main en arrière, interdisant ainsi le moindre coup de feu.

La tête appartient donc à Muntagna, il est vrai que je ne l’ai jamais vu auparavant, pas même en photo, ce type était un vrai fantôme au regard des services de police. Mais apparemment, Hammer, lui, l’avait déjà rencontré. Maintenant que j’y fais attention, on peut voir un tatouage représentant une corde faisant le tour de la partie restante du cou. C’est le symbole d’appartenance au cartel. Je sais de source sûre que les exécutions internes se font par pendaison, ce qui expliquerait le teint violacé de la tête.

— Ah, Ah, Ah, voyons, détendez-vous mon cher Hammer, nous n’avons pas l’intention de tous vous occire. S’esclaffe la poupée.

— J’ai en tête de plus grands desseins pour votre gang, mais avant tout, il est impératif que vous répariez votre bévue. Comme vous pouvez le constater, Muntagna a joué sa part dans l’incident et l’a payé de sa vie, j’occupe désormais ses fonctions. À présent, c’est à votre tour de désigner et exécuter un responsable.

— Mais… mais… vous le savez déjà, le Molosse est mort, personne d’autre ici n’est responsable de ce qu’il s’est passé.

— Certes le Molosse n’est plus, c’est pourquoi vous devez désigner un substitut qui aura la lourde responsabilité d’expier sa faute.

— Mais… pour… balbutie Hammer.

— Cela suffit, rengainez vos armes, ou vous en paierez tous le prix ! Vous et vos familles ! Choisissez un de vos hommes et exécutez-le !

Hammer, baisse son arme et se tourne vers nous. Je peux lire la terreur sur son visage. Un film se déroule dans sa tête, celui du massacre de ses proches. Les membres du gang évitent son regard comme s’il s’agissait d’une arme. Il scrute la foule et s’arrête sur moi. Merde, je l’ai toujours senti, cet enfoiré n’a jamais pu me saquer. Les gars autour de moi s’écartent, soulagés de ne pas avoir été élus, ils m’observent comme si j’étais déjà un fantôme.

Moron est bouche bée. Je suis foutu. Je vais mourir dans cet endroit sordide, d’une balle dans la tête comme mon frère plusieurs années auparavant. On ne retrouvera jamais mon corps. Ma mère ne saura jamais la vérité. Une sensation de sueur froide me parcourt le dos, c’est la fin pour moi.

— Non pas lui ! Regardez-moi ce joli minois, ce serait une tragédie. Choisissez donc quelqu’un d’autre, quelqu’un de laid. Lance la poupée d’une voix salvatrice.

Je prends une grande et longue inspiration. Je viens d’être sauvé par mon physique. Dès l’adolescence ma mère m’a reproché de passer trop de temps dans la salle de bain, de prendre trop soin de mon apparence, de mon corps, si elle savait !

Ce salaud d’Hammer cherche déjà une nouvelle cible, et désigne rapidement l’homme corpulent qui s’était fait remarquer un peu plus tôt. Le pauvre bougre ne comprends pas ce qui lui arrive, il regarde autour de lui cherchant le soutien de ses camarades. Mais personne ne se manifeste, de peur de devoir prendre sa place.

Hammer lève son arme, mais une nouvelle fois la poupée parle.

— Non ! Pas de la sorte, montez-le sur la balustrade et pendez-le haut et court ! Ayez un peu le sens du spectacle ! Pardi !

Hammer se retourne vers l’écran en s’essuyant le front, transpirant du malaise qu’il vit à présent. Son charisme de leader a foutu le camp, devant le cartel, il n’est plus qu’un petit enfant effrayé.

J’assiste ensuite à ce qu’il était à deux doigts de m’arriver : Les hurlements désespéré d’un homme qu’on traîne à la potence, se débâtant jusqu’au dernier instant, suppliant, puis, le craquement infâme d’un cou qui se rompt, le visage de la mort se balançant au bout d’une corde, un souvenir, une mémoire, qui restera à tout jamais gravée.

Chucky, comme on l’appellera désormais, prononce un discours final devant une assemblée à demi-abasourdie :

— Oyez, oyez mes chères canailles, les plus perspicaces d’entre vous le présument, les plus sots j’en suis certain le pressentent : il est temps d’établir les bases d’une nouvelle relation saine et durable et pour cela il est primordial que vous en saisissiez parfaitement la nature. Pour commencer, entendez bien que l’infime sacrifice que vous venez de verser ne compense en rien la perte subie par le cartel. La somme de vos vies cumulées ne suffirait à équilibrer la balance. Bien sûr, il va de soi que vous n’êtes plus des hommes libres, vous êtes d’ors et déjà la propriété du cartel, vous êtes nos choses… nos salopes, si je puis me permettre d’user de votre langage.

Malgré l’annonce tonitruante de Chucky, c’est à peine si l’on entend le moindre tapement de pieds.

— J’aimerais ajouter que ceux qui tenteraient de fuir et qui par miracle réussiraient dans leur hasardeuse entreprise verraient le châtiment s’abattre sur leurs proches, leurs amis, leurs animaux de compagnie, jusqu’aux gens qui auront un jour croisé leur chemin. Il en va de même pour le suicide. Que cela soit tout aussi tangible dans votre esprit que le sont l’aube et le crépuscule, la vie et la mort. Sur cette conclusion, je vous tire ma révérence et m’en vais retrouver les bras de Morphée. Bonne nuit.

La transmission se termine sur cette phrase nous laissant tous sous une forme de catatonie collective. Du côté du cartel, le matériel est remballé, les hommes quittent les lieux comme ils sont arrivés, à l’exception d’un : un administrateur que nous devrons appeler Monsieur A. Hammer continuera de présider le gang, mais ses ordres pourront être contestés par Monsieur A.

Quant à Moron et moi, cette nuit, nous irons faire une balade en forêt.


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